Je n’arrive pas à faire les choses : qu’est-ce qui bloque ?

Tu sais ce que tu dois faire, mais tu n’y arrives pas : avant de te pousser davantage, regardons ce qui se passe.

Tu as un mail à envoyer, un rendez-vous à prendre, un dossier à terminer ou une lessive à lancer. Tu sais très bien que ce serait mieux de le faire. Pourtant, tu repousses. Tu vas regarder une série, ranger trois choses sans importance ou simplement laisser passer le temps.

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Puis tu t’en veux. Tu te dis que tu manques de motivation, de volonté ou de discipline.

Parfois, il faut effectivement faire une chose même quand elle nous emmerde. Personne n’a envie de se lever tous les matins pour travailler. Pourtant, beaucoup le font parce que c’est une habitude, une nécessité ou une discipline. La motivation n’arrive pas toujours avant l’action.

Mais se dire trop vite « il faut que je me mette un coup de pied au cul » peut faire rater une question importante : est-ce que tu n’as pas envie de faire cette chose, ou est-ce que quelque chose t’empêche vraiment d’agir ?

À retenir

Ne pas réussir à faire les choses ne veut pas automatiquement dire que tu manques de discipline. Cela peut parler d’une tâche devenue trop lourde, d’une perte de sens, d’un quotidien sans assez de plaisir ou d’une situation qui mérite un autre accompagnement. Avant de choisir un petit pas, il faut comprendre ce qui se passe pour toi.

Je ne pars pas d’une phrase isolée

Quand une cliente me dit « je n’arrive pas à faire les choses », je ne décide pas tout de suite ce que cela veut dire. Je suis formée au coaching : mon travail consiste à poser des questions précises, à entendre les mots qu’elle utilise et à voir ce qu’ils racontent dans sa vie.

J’écoute par exemple : « je suis fatiguée », « je n’arrive plus à suivre », « je ne sais pas pourquoi je fais ça », « ça n’a pas de sens ». J’entends aussi les « pourquoi ? » qui reviennent, les changements de sujet ou le moment où elle me dit : « Pourquoi je racontais ça, déjà ? »

Elle peut être en train de parler de son travail, de son conjoint, des enfants ou de la maison. En surface, ces sujets n’ont parfois rien à voir. Pourtant, ils peuvent tous mener au même endroit.

À ce moment-là, je peux lui dire : « J’ai entendu X. Qu’est-ce que ça te fait ressentir de t’entendre dire ça ? » Je ne lui colle pas une explication. Je lui rends ses mots pour que nous puissions regarder ensemble ce qu’ils touchent.

Est-ce que je n’ai pas envie, ou est-ce que je ne peux plus ?

Cette différence change complètement la suite.

Il arrive qu’une personne reporte une tâche qui lui ressemble à une corvée, puis regarde la télévision, appelle une amie ou fait autre chose qui lui procure du plaisir. Cela ne veut pas dire qu’elle est paresseuse. Cela me donne une information : elle peut encore agir. Nous pouvons alors explorer ce que cette tâche représente, ce qu’elle évite et si le plaisir a encore suffisamment de place dans son quotidien.

Parfois, la question est plus large. La personne ne trouve plus de goût à ce qu’elle faisait avant, n’a plus d’élan ou n’arrive plus à assumer les gestes les plus simples. Une perte d’intérêt, une fatigue importante, une baisse de motivation ou des difficultés à prendre des décisions peuvent faire partie des signes possibles d’une dépression, parmi d’autres. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle qu’un épisode dépressif peut associer perte d’intérêt ou de plaisir, fatigue et difficultés de concentration, avec un retentissement sur la vie quotidienne. Une phrase ne suffit pas à conclure quoi que ce soit. Une évaluation tient compte de l’ensemble des symptômes, de leur durée, de leurs effets sur le quotidien et d’autres causes possibles. Le NHS recommande de demander de l’aide lorsque ces symptômes sont présents la plupart du temps pendant plus de deux semaines.

Dans une situation comme celle-là, je ne fais pas comme si un tableau ou une to-do list allait tout régler. Je peux orienter vers un·e psychologue ou un·e médecin afin que la personne ait le soutien adapté. C’est aussi cela, bien accompagner : savoir quand mon travail est pertinent et quand il faut passer le relais.

Quand le sens s’est perdu, l’action devient difficile

Il y a aussi des personnes qui savent parfaitement ce qu’elles ont à faire, mais ne comprennent plus pourquoi elles le font. Elles accomplissent les mêmes gestes, vont au travail, répondent aux demandes, gèrent la maison… sans y trouver de sens ni d’élan.

Si tout est devenu vide, passer à l’action demande beaucoup plus d’énergie. On peut alors se croire incapable, alors qu’on est surtout en train de se demander à quoi bon.

Si ce qui te pèse se joue surtout dans ton travail, tu peux aussi lire 5 pistes pour t’aider à redonner du sens à ton job actuel. Ici, l’idée est un peu différente : observer ce qui rend l’action difficile avant de chercher à être plus productive.

La discipline n’est pas une punition

Une fois que nous avons vérifié qu’il ne s’agit pas d’une situation qui demande un autre suivi et que la personne peut agir, la motivation ne doit pas devenir une condition obligatoire.

Tu n’es pas obligée d’avoir envie avant de commencer. Tu n’as pas toujours envie de ranger, de répondre à ce mail ou d’aller travailler. À un moment, oui, il faut parfois y aller quand même.

La discipline ne consiste pas à te rabaisser jusqu’à ce que tu bouges. Elle consiste à choisir une action assez petite pour être faisable, mais assez importante pour compter pour toi. Elle se construit par des repères et des habitudes, pas en attendant le jour parfait où tu auras soudain envie de tout faire.

Tester un petit pas, puis regarder ce qu’il raconte

En séance, je ne donne pas une liste de dix choses à faire. Nous cherchons plutôt un ou deux petits pas qui ont du sens pour la personne et qu’elle peut essayer de mettre en place dans sa vraie vie.

À la séance suivante, nous ne faisons pas le procès de ce qu’elle n’a pas fait. Nous regardons :

  • Qu’est-ce que tu as réussi à faire ?
  • Qu’est-ce que tu n’as pas réussi à faire ?
  • Qu’est-ce qui t’a empêchée de le faire ?
  • Qu’est-ce que tu as fait à la place ?

Si elle a évité une tâche pénible pour faire autre chose, nous avons une piste. Peut-être que cette tâche est trop vague, trop grande, associée à une contrainte ou à une peur. Peut-être aussi que la personne manque simplement de plaisir dans une vie remplie de devoirs.

Si elle n’a réussi à faire presque rien et qu’elle reste sans élan, cette observation compte aussi. Elle permet de ne pas rester seule avec l’idée qu’il suffirait de se forcer davantage.

Le petit pas n’est donc pas un test pour prouver que tu es assez motivée. C’est une manière de comprendre ce qui bloque et de choisir une suite qui te respecte.

Et si tu ne sais pas par où commencer ?

Tu n’as pas besoin d’arriver avec une explication parfaite. Tu peux venir avec « je n’arrive plus à suivre », « je suis fatiguée » ou « je ne comprends pas pourquoi je bloque ». Nous prenons le temps de voir ce que ces mots veulent dire pour toi, ce que je peux accompagner et ce qui demande peut-être un autre soutien.

Si tu veux faire ce premier tri ensemble, tu peux prendre rendez-vous.

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